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Faux sites de téléchargement


L'adresse affichée n'est plus celle où vous atterrissez
Le survol d'un lien ne prouve plus rien : ce qui compte, c'est le fichier réellement téléchargé

Article publié le 23 Août 2026
C'est probablement la demande la plus banale du monde informatique : « je voulais juste installer VLC ». Ou 7-Zip. Ou Recuva pour récupérer des photos effacées. Une recherche, un clic sur le premier résultat, un bouton « Télécharger », et l'affaire est réglée en trente secondes.

Sauf que quelques minutes plus tard, l'ordinateur n'est plus tout à fait le même : un programme inconnu s'est installé, des publicités apparaissent, les fichiers ne s'ouvrent plus avec les bons logiciels, et VLC — le vrai — n'est toujours pas là.

Ce n'est pas un virus sophistiqué. C'est un faux site de téléchargement, une copie conforme de la page officielle. Et depuis l'été 2026, ces sites utilisent une technique qui mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle rend faux un conseil que tout le monde donne depuis quinze ans.

Le conseil qui ne fonctionne plus : « survolez le lien pour voir où il mène »


Vous l'avez sûrement déjà entendu, peut-être de notre bouche : avant de cliquer sur un lien, posez la souris dessus sans cliquer et regardez l'adresse qui s'affiche en bas à gauche du navigateur. Si l'adresse ne correspond pas à ce qu'on vous annonce, vous ne cliquez pas.

C'était un excellent réflexe. Il vient d'être contourné.

En août 2026, les chercheurs de Malwarebytes ont documenté une campagne de 41 faux sites de téléchargement qui font exactement ceci :


Autrement dit : ce que le navigateur vous montre avant le clic, et ce qui se passe réellement au clic, sont deux choses différentes. Ce n'est pas un bug du navigateur, c'est un comportement volontaire de la page.

Ce qu'il faut retenir, et c'est le cœur de cet article : le survol d'un lien n'est plus une preuve. Ce qui compte désormais, c'est le domaine affiché dans la barre d'adresse une fois arrivé, et surtout le fichier réellement téléchargé.
Bonne nouvelle : les deux vérifications qui restent valables sont à la portée de tout le monde, et prennent moins d'une minute. On y vient plus bas.

Ce que ces sites copient


La campagne vise deux publics, avec le même procédé.

Des jeux très connus — Counter-Strike, GTA 6, Fallout, Roblox, PUBG. Un détail devrait suffire à alerter : certains sites proposent des jeux qui ne sont pas encore sortis sur la plateforme annoncée. Personne ne distribue en avance, gratuitement, un jeu que l'éditeur n'a pas encore publié.

Des logiciels Windows gratuits et populaires — VLC, 7-Zip, Paint.NET, Avast, Recuva. Ici, la contrefaçon est beaucoup plus difficile à repérer : les pages reprennent le descriptif exact du logiciel officiel, ses captures d'écran authentiques, son logo, sa mise en page. Visuellement, il n'y a rien à redire.

Le point commun de ces logiciels ? Ils sont gratuits, célèbres et recherchés par des gens qui ne sont pas informaticiens. Personne ne se méfie en téléchargeant VLC.

Le cas Recuva mérite une mention à part

Recuva est un logiciel de récupération de fichiers effacés. Qui le cherche ? Quelqu'un qui vient de perdre des données : des photos supprimées par erreur, un dossier disparu, une clé USB qui ne montre plus rien.

C'est une personne inquiète, pressée, prête à cliquer sur le premier résultat. C'est exactement la cible idéale — et le résultat est doublement fâcheux, puisqu'au lieu de récupérer ses fichiers, elle installe un programme indésirable sur le disque même où se trouvent les données à récupérer.

Si vous êtes dans cette situation, deux règles valent mieux que n'importe quel logiciel :


Ce qui s'installe réellement


Les 41 sites, quel que soit le logiciel ou le jeu annoncé, mènent tous au même programme : un installeur baptisé « Download Studio », d'environ 73 Mo, publié par une société nommée Grand Media, TOV.

Une fois en place, il :


Le piège de la signature numérique

Ce point mérite d'être expliqué, parce qu'il trompe même des utilisateurs avertis.

Le fichier « Download Studio » est signé numériquement. Si vous faites un clic droit dessus et que vous regardez la signature, Windows vous dira qu'elle est valide.

Beaucoup de gens en concluent : « c'est signé, donc c'est bon ». C'est faux.

Une signature numérique prouve une seule chose : l'identité de celui qui a signé le fichier, et le fait que le fichier n'a pas été modifié depuis. Elle ne dit rien de la qualité ou de l'honnêteté du programme. N'importe quelle société peut acheter un certificat et signer ce qu'elle veut.

L'image est simple : la signature, c'est le nom sur la sonnette. Elle vous dit qui habite là. Elle ne vous dit pas si vous avez sonné à la bonne porte. La vraie question n'est donc pas « est-ce signé ? » mais « est-ce signé par le bon éditeur ? ». VLC est publié par VideoLAN, pas par « Grand Media, TOV ».

La vérification qui remplace le survol : 1 minute, avant de double-cliquer


Voici la méthode à retenir. Elle s'applique à tout fichier téléchargé, quelle que soit sa provenance, et elle se fait avant de lancer l'installation — c'est-à-dire au seul moment où c'est encore facile.

1. Clic droit sur le fichier → Propriétés → onglet Détails

C'est la vérification la plus efficace, et presque personne ne la connaît.

Windows y affiche le nom du produit, la description du fichier et le copyright, tels que l'éditeur les a inscrits. Ces informations sont beaucoup plus parlantes que le nom du fichier, que n'importe qui peut renommer.

Ce que vous devez y lire :

Vous vouliez télécharger… L'onglet Détails doit indiquer…
VLCVLC media player / VideoLAN
7-Zip7-Zip / Igor Pavlov
Paint.NETpaint.net / dotPDN LLC
RecuvaRecuva / Piriform

Si vous lisez « Download Studio », un nom de société inconnu, ou si l'onglet est entièrement vide, c'est terminé : vous supprimez le fichier et vous ne le lancez pas.

2. Regardez la taille du fichier

Le même onglet Propriétés vous donne la taille. Comparez-la à ce que le site officiel annonce.

Cette vérification est très efficace pour les petits logiciels : 7-Zip pèse environ 1,5 Mo, Recuva quelques mégaoctets. Un fichier de 73 Mo présenté comme étant 7-Zip est une contrefaçon évidente, sans discussion possible.

Soyons honnêtes sur les limites : pour un logiciel comme VLC, qui pèse lui-même plusieurs dizaines de mégaoctets, l'écart est moins parlant. La taille est un bon indice complémentaire, pas une preuve à elle seule. C'est le nom du produit ( point 1 ) qui tranche.

3. Regardez la barre d'adresse au moment du téléchargement

Puisque le survol ne vaut plus rien, la vérification se déplace après le clic : quand la page de téléchargement s'ouvre, lisez l'adresse en haut du navigateur.

Vous devez y voir le domaine officiel — videolan.org pour VLC, 7-zip.org pour 7-Zip, store.steampowered.com pour Steam. Si vous y trouvez une adresse inconnue, bourrée de tirets, ou un nom qui « ressemble à » l'officiel ( vlc-media-player-download.xyz ), fermez l'onglet.

4. Au moindre doute : supprimez, ne lancez pas

Un fichier téléchargé mais jamais exécuté est inoffensif. Tant que vous n'avez pas double-cliqué, il ne se passe rien. Vider le dossier Téléchargements ne coûte rien et règle la question définitivement. C'est le même raisonnement que pour les pièces jointes piégées : ZIP, raccourcis et .MSI.

Où télécharger sans risque


La règle tient en une phrase : on ne cherche pas un logiciel, on va le chercher.


Le piège du résultat sponsorisé

Un mot sur le chemin par lequel arrivent la plupart des victimes : la publicité en tête des résultats de recherche.

Quand vous cherchez « VLC » sur un moteur de recherche, les premiers résultats sont souvent des annonces payantes, signalées par une petite mention « Sponsorisé » ou « Annonce » facile à ne pas voir. N'importe qui peut acheter une annonce sur le nom d'un logiciel connu — y compris l'auteur d'un faux site.

D'où deux réflexes complémentaires :


Les signaux qui doivent vous arrêter net


Sur la page :


Pendant l'installation :


« Je crois que je l'ai déjà installé » — quoi faire


D'abord : respirez. Ce type de programme est un indésirable envahissant, pas un logiciel qui vole vos comptes bancaires. La situation se rattrape, et vos fichiers personnels ne sont pas en cause.

Voici l'ordre à suivre.

1. Désinstallez le programme. Paramètres → Applications → Applications installées. Repérez « Download Studio », ainsi que tout éditeur inconnu installé récemment — triez la liste par date d'installation, c'est le moyen le plus rapide de voir ce qui est arrivé le même jour. Les indésirables voyagent rarement seuls.

2. Passez deux outils de nettoyage, dans cet ordre. AdwCleaner puis Malwarebytes ( versions gratuites, à télécharger sur malwarebytes.com, en appliquant les règles ci-dessus ). Windows Defender, déjà présent, complète le travail. Attention à ne pas installer un troisième antivirus permanent au passage : plusieurs antivirus qui tournent ensemble se gênent et ralentissent la machine — c'est un problème que nous voyons très souvent, expliqué dans PC lent : et si c'étaient vos antivirus qui se battaient entre eux ?.

3. Coupez les relances automatiques. C'est l'étape que l'on oublie, et c'est pour cela que le programme « revient ». Vérifiez :


4. Remettez les associations de fichiers en ordre. Paramètres → Applications → Applications par défaut : si vos fichiers s'ouvrent avec un programme inattendu, c'est ici que ça se corrige.

5. Nettoyez le navigateur. Extensions inconnues, page d'accueil et moteur de recherche modifiés, autorisations de notifications accordées par erreur : la marche à suivre navigateur par navigateur est détaillée dans Nettoyer un PC envahi de publicités et de notifications.

6. Redémarrez et vérifiez que le programme n'est pas revenu. S'il revient, c'est qu'un composant subsiste : à ce stade, mieux vaut faire regarder la machine plutôt que d'accumuler les outils — voir Supprimer un virus gratuitement ou faire appel à un professionnel : que choisir ?.

Deux pièges à éviter dans la panique


Ne rappelez jamais un numéro affiché à l'écran. Si, après cet épisode, une fenêtre plein écran surgit en annonçant que votre PC est infecté et qu'il faut appeler un numéro « Microsoft », c'est une arnaque, sans exception. Aucun éditeur ne procède ainsi. C'est le sujet de nos articles sur les fausses alertes de virus et les faux antivirus et sur l'arnaque au faux support technique.

N'installez pas un « nettoyeur » trouvé en cherchant une solution. Chercher « supprimer Download Studio » ramène en priorité des pages qui vous proposent… un autre logiciel à installer. C'est le même mécanisme qui vous a amené là. Les seuls outils à utiliser sont ceux cités plus haut, téléchargés sur leur site officiel.

Si vous avez saisi des informations personnelles ou bancaires sur l'un de ces sites, ou si vous avez laissé quelqu'un prendre la main sur votre ordinateur, la marche à suivre complète est dans Sécuriser son PC après une arnaque : les 8 réflexes à avoir.

Besoin d'un coup de main ?


Vous avez un doute sur un fichier téléchargé, un programme inconnu apparu tout seul, des publicités qui ne partent plus, ou vous préférez simplement qu'on vérifie que la machine est propre ?

BSC Sécurité s'en occupe : suppression des programmes indésirables, contrôle des tâches de démarrage et des tâches planifiées, remise en ordre des navigateurs et des associations de fichiers, et vérification qu'aucun accès à distance n'a été laissé en place.

04 94 27 65 95 — contact@bsc-securite.fr — atelier au 18 avenue Olbius Riquier, 83400 Hyères.

Selon votre situation :


En résumé




Un programme inconnu s'est installé après un téléchargement ? On remet tout en ordre

Suppression des programmes indésirables, contrôle des tâches de démarrage et des tâches planifiées, nettoyage du navigateur, remise en ordre des associations de fichiers.
Et on vous montre comment télécharger sans risque la prochaine fois.

Tél. 04 94 27 65 95


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