Il existe une catégorie d'arnaques dont on ne parle presque jamais, alors qu'elle vise l'un des publics les plus fragiles qui soit : les personnes en recherche d'emploi. Jeunes qui cherchent leur premier poste, adultes en reconversion, demandeurs d'emploi de longue durée.
Ce qui rend cette arnaque particulière, c'est son ressort. Les escroqueries que nous traitons habituellement à l'atelier jouent sur
la peur ( le , le faux message des impôts ) ou sur
l'appât du gain ( les fausses récompenses, les cryptomonnaies miraculeuses ). Ici, ce n'est ni l'un ni l'autre.
Ici, le ressort, c'est
l'envie de bien faire.
Un candidat qui espère décrocher un poste ne discute pas les consignes de celui qu'il prend pour son futur employeur. Il ne veut pas passer pour compliqué, pour méfiant, pour quelqu'un qui « pose des problèmes ». Alors il exécute. Et c'est exactement ce que l'escroc a prévu.
Les trois phrases qui suffisent à s'en sortir
Si vous ne devez retenir que trois choses de cette page, retenez celles-ci :
- Ne jamais rien installer sur instruction d'un recruteur. Un entretien se passe dans un navigateur ou sur Teams, Meet ou Zoom, jamais via une application envoyée par message.
- Un employeur ne fait jamais payer un candidat, sous aucun prétexte et pour aucun montant.
- RIB, carte d'identité et carte Vitale ne se donnent qu'après l'embauche, contrat signé.
Si vous avez déjà installé une application ou envoyé des documents, allez directement à la section .
1. Pourquoi ce piège fonctionne si bien
Prenez deux secondes pour mesurer l'asymétrie de la situation.
Face à un faux support technique, la victime est en position de client : elle peut raccrocher, elle ne doit rien à personne. Face à un recruteur, la position est inversée. Le candidat est en
position de demandeur, il a quelque chose à obtenir, et il sait qu'un mauvais comportement peut lui coûter le poste.
Ajoutez à cela le contexte : quelqu'un qui cherche un emploi depuis six mois, qui essuie des refus ou pire, des silences, et qui reçoit enfin une réponse positive. L'émotion est réelle. Le discernement en prend un coup.
Une arnaque ne réussit jamais parce que la victime est bête. Elle réussit parce qu'elle a choisi le bon moment.
C'est le même mécanisme que celui décrit dans notre article sur les : l'envie désactive le raisonnement aussi sûrement que la peur.
Nous insistons sur ce point dès l'introduction, parce que les victimes de cette arnaque arrivent souvent à l'atelier avec de la honte. Elles n'ont aucune raison d'en avoir.
2. Le cas d'école : la fausse application d'entretien Indeed
C'est la variante la plus aboutie observée en 2026, et celle qui coûte le plus cher, parce qu'elle ne vole pas de l'argent : elle prend le contrôle du téléphone.
Le déroulé, étape par étape
Il faut le lire en entier pour comprendre à quel point il ne présente, à aucun moment, de signal d'alarme évident.
- L'annonce est publiée sur une vraie plateforme. Indeed, en l'occurrence. Le site est légitime, sérieux, connu. C'est l'annonce qui ne l'est pas. Le candidat n'a donc rien fait d'imprudent : il a postulé sur un site d'emploi normal.
- Le candidat postule et reçoit une réponse rapide. Positive, encourageante, professionnelle. Pas de fautes grossières, pas de promesses délirantes.
- On lui annonce un entretien, et c'est là que la bascule se produit : « pour passer votre entretien, installez notre application », ou « une vérification d'identité est nécessaire avant l'entretien ».
- L'application n'est pas sur le Play Store. On lui envoie directement un fichier à installer, ce qu'on appelle un APK. Les noms observés dans les campagnes réelles sont MyInterview, Interview App, Indeed Interview ou Indeed Hiring.
- L'application affiche une fausse page de connexion Indeed. Le candidat saisit son adresse e-mail, comme on le lui demande.
- L'application établit alors une connexion VPN, puis installe la véritable charge : un logiciel espion.
- Elle réclame l'autorisation « Accessibilité », présentée comme nécessaire au bon déroulement de l'entretien. À partir de cet instant, c'est terminé.
Des victimes ont été signalées au Royaume-Uni et au Brésil, et le phénomène remonte régulièrement sur les forums de recherche d'emploi.
Ce que fait réellement l'autorisation « Accessibilité »
C'est le point technique qu'il faut comprendre, parce qu'il explique tout le reste.
L'Accessibilité, sur Android, est une fonction destinée aux personnes handicapées : elle permet à une application de
lire tout ce qui s'affiche à l'écran et d'
appuyer sur les boutons à la place de l'utilisateur. C'est légitime pour un lecteur d'écran destiné à une personne aveugle. Pour une application d'entretien d'embauche, cela n'a strictement aucun sens.
Accordée à un logiciel espion, elle lui donne :
- la lecture de tout ce qui passe à l'écran, y compris les messages, les codes reçus par SMS, l'application bancaire ;
- la capacité d'appuyer sur les boutons à votre place, donc de valider des opérations ;
- la capacité de se défendre contre sa propre désinstallation, en refermant la page des réglages dès que vous l'ouvrez.
Un utilisateur a rapporté que son téléphone s'était mis à fermer les applications tout seul après l'installation. Un autre a décrit une interférence avec ses accès et sa double authentification. Ce ne sont pas des dysfonctionnements : c'est l'espion qui travaille.
Le mécanisme complet, avec la marche à suivre pour désinstaller une application qui résiste, est détaillé dans notre article sur les .
Le fait vérifiable, à retenir et à répéter
C'est le meilleur outil de cet article, parce qu'il ne demande aucune compétence technique et qu'il se vérifie en dix secondes.
L'application officielle d'Indeed s'appelle « Indeed Job Search », et elle n'existe que sur le Play Store.
Il n'existe aucune application Indeed dédiée aux entretiens.
Indeed l'a d'ailleurs confirmé publiquement : la plateforme
ne demande jamais d'installer un fichier APK envoyé directement au candidat, et publie la liste des faux noms d'applications qui circulent.
Et la règle vaut bien au-delà d'Indeed :
Un entretien d'embauche légitime se déroule dans un navigateur, ou via un outil de visioconférence grand public que vous connaissez déjà ( Teams, Meet, Zoom ). Jamais via une application propriétaire à installer soi-même.
Aucune entreprise sérieuse, aucun cabinet de recrutement, aucune plateforme d'emploi ne vous demandera jamais d'installer quoi que ce soit en dehors des boutiques officielles pour passer un entretien.
3. Les quatre autres formes, qu'il faut connaître aussi
La fausse application est la variante technique. Les autres sont plus anciennes, plus simples, et font toujours autant de victimes.
1. Les frais préalables
On demande au candidat de payer quelque chose avant l'embauche : une formation « obligatoire », un « kit de démarrage », du matériel, des frais de dossier, une vérification de casier judiciaire, la traduction d'un diplôme.
Un employeur ne fait jamais payer un candidat. Jamais, sous aucun prétexte, pour aucun montant.
France Travail est formel sur ce point : « on vous demande de payer quelque chose : formation, matériel ou frais de dossier » figure explicitement dans sa liste de signaux d'alerte, et l'organisme rappelle qu'il ne demande lui-même jamais aucun paiement pour accéder à ses services.
2. La mule financière
Celle-ci est la plus dangereuse, et pas seulement financièrement.
La proposition ressemble à un vrai poste : « agent de transfert », « responsable des paiements », « assistant financier », souvent en télétravail, bien rémunéré, sans compétence particulière exigée. Le travail consiste à
recevoir des virements sur son compte bancaire personnel et à les reverser ailleurs, en gardant une commission.
Ce n'est pas un emploi. C'est du
blanchiment d'argent, et l'argent qui transite est celui volé à d'autres victimes.
Le point que personne ne dit assez clairement : c'est vous qui êtes poursuivi.
Votre nom est sur le compte. Votre compte bancaire sera fermé, vous serez fiché, et vous devrez vous expliquer devant la justice. La bonne foi se plaide, mais elle se plaide au tribunal.
Si vous avez déjà accepté ce type de « poste » : arrêtez immédiatement, prévenez votre banque de votre propre initiative, et déposez plainte. Se signaler soi-même change tout.
3. Le vol de pièces d'identité
On demande, très tôt dans le processus et souvent
avant même le moindre entretien réel : carte d'identité recto verso, RIB, carte Vitale, attestation de sécurité sociale, justificatif de domicile, parfois un selfie tenant la pièce d'identité. Le prétexte est toujours administratif : « pour préparer le contrat », « pour la vérification de conformité », « pour la mutuelle ».
Ces documents ne servent pas à un contrat. Ils servent à
ouvrir des comptes, souscrire des crédits ou créer des sociétés à votre nom. C'est une usurpation d'identité, et ses conséquences durent des années.
La règle officielle est claire : un employeur ne demande vos coordonnées bancaires, votre numéro de sécurité sociale et vos pièces d'identité
qu'après l'embauche effective, une fois le contrat signé, dans un cadre identifié.
4. Les faux tests rémunérés
Variante en deux temps, redoutablement efficace. On confie au candidat une « mission d'essai » simple, et
on le paie réellement, une première fois. Le paiement installe une confiance totale. Puis on lui demande d'
avancer des fonds pour la mission suivante, avec la promesse d'un remboursement majoré. Le remboursement ne vient jamais.
Le premier versement n'est pas une preuve d'honnêteté : c'est un investissement de l'escroc.
4. Le tableau qui tranche
À garder en tête pendant toute une recherche d'emploi.
| Ce qu'on vous demande |
Verdict |
| Installer une application en dehors du Play Store ou de l'App Store | Arnaque, sans exception |
| Activer un VPN pendant l'entretien | Arnaque |
| Accorder l'autorisation Accessibilité à une application | Arnaque |
| « Laissez l'application ouverte en attendant la confirmation » | Arnaque |
| Payer une formation, un kit, du matériel, des frais de dossier | Arnaque |
| Recevoir des virements sur votre compte et les reverser | Arnaque, et c'est vous le poursuivi |
| Fournir RIB, carte d'identité, carte Vitale avant tout entretien réel | Arnaque |
| Un poste très bien payé sans compétence particulière exigée | Signal fort |
| L'offre arrive sans que vous ayez postulé | Signal fort |
| L'adresse e-mail du recruteur ne correspond pas au nom de l'entreprise ( gmail, outlook, domaine approchant ) | Signal fort |
| Un recrutement entièrement en ligne, sans aucun entretien physique ni visio | Signal fort |
| On vous presse de signer ou de répondre immédiatement | Signal fort |
| Entretien dans le navigateur, ou en visio sur Teams, Meet ou Zoom | Normal |
Notez que les « signaux forts » ne prouvent rien à eux seuls : un poste peut légitimement être pourvu à distance. C'est leur
accumulation qui doit arrêter la main.
5. Vérifier une offre en cinq minutes, avant de répondre
Ces quatre vérifications ne demandent aucune compétence, et elles font tomber la quasi-totalité des fausses annonces.
1. Chercher l'entreprise indépendamment de l'annonce. Pas en cliquant sur les liens fournis : en tapant vous-même son nom dans un moteur de recherche. Site officiel, ancienneté, avis, présence sur les annuaires professionnels. Une société qui n'a aucune existence vérifiable en dehors de l'annonce est une société qui n'existe pas.
2. Vérifier le numéro SIREN. Il est consultable gratuitement sur . Vérifiez que le numéro donné correspond bien au nom annoncé, que l'entreprise est
active, et que son activité déclarée a un rapport avec le poste proposé. Les escrocs recopient volontiers le SIREN d'une vraie société : d'où l'intérêt du point suivant.
3. Rappeler l'entreprise sur le numéro affiché sur son propre site. Pas sur celui du recruteur, pas sur celui de la signature du mail. Demandez simplement si le poste existe et si la personne qui vous a contacté y travaille. C'est la vérification la plus efficace de toutes, et c'est celle qu'on ose le moins faire, par peur de déranger. Une entreprise sérieuse vous répondra sans agacement, et cela ne vous a jamais coûté un poste.
4. Regarder l'adresse e-mail, pas le nom affiché. Le nom affiché se falsifie en trois secondes. Ce qui compte est ce qui se trouve après le
@. Une grande entreprise n'écrit pas depuis une adresse gmail, et un domaine légèrement modifié (
carrefour-recrutement.com au lieu de
carrefour.com ) est un domaine créé pour l'occasion. Notre article sur la façon de détaille cette lecture.
Et un cinquième réflexe, qui vaut pour tout le reste :
ne jamais rien installer sur instruction d'un recruteur. Cette phrase seule vous protège du cas le plus grave.
6. C'est déjà fait : que faire, et dans quel ordre
L'ordre compte, et c'est là que la plupart des gens se trompent.
Si vous avez installé l'application
- Mode avion immédiatement, et coupez aussi le Bluetooth. Certains logiciels espions récents savent faire sortir les données par les appareils voisins : couper les données mobiles ne suffit plus toujours.
- Retirez l'autorisation Accessibilité de l'application : Paramètres, Accessibilité, Applications installées ou Services téléchargés.
- Retirez le statut « administrateur d'appareil » s'il a été accordé.
- Désinstallez l'application. Si la page des réglages se referme toute seule pendant l'opération, c'est l'espion qui vous en empêche : passez en mode sans échec ( appui long sur Marche/Arrêt, puis appui long sur « Éteindre », puis « Redémarrer en mode sans échec » ). Dans ce mode, aucune application installée ne s'exécute, et la désinstallation redevient possible.
- Depuis un autre appareil sain ( l'ordinateur, le téléphone d'un proche ), changez vos mots de passe. La messagerie en premier, toujours, parce que c'est elle qui commande la réinitialisation de tous les autres comptes. Puis la banque, puis les comptes importants.
- Prévenez votre banque si une application bancaire était installée sur ce téléphone. N'attendez pas de constater un prélèvement.
- En cas de doute sérieux, réinitialisation d'usine. Attention au piège : au redémarrage, Android propose de réinstaller automatiquement les applications de la sauvegarde. Refusez. Cela ferait revenir l'intrus. Restaurez les contacts, les photos et les SMS, mais réinstallez les applications une par une depuis le Play Store.
Si vous avez envoyé des pièces d'identité
C'est le cas le plus fréquent, et le moins spectaculaire, donc le plus négligé.
- Déposez plainte, en ligne ou en commissariat. Ce dépôt est ce qui vous permettra de contester un crédit ouvert à votre nom dans six mois. Ce n'est pas une formalité pour rien : c'est votre preuve.
- Signalez à la si des documents d'identité ont été transmis.
- Surveillez vos comptes bancaires, y compris les petits montants, et demandez à votre banque de noter le signalement à votre dossier.
- Sachez qu'une usurpation d'identité produit souvent ses effets longtemps après. Gardez une copie de votre plainte.
Si vous avez versé de l'argent
Contactez
immédiatement votre banque pour tenter une opposition, même si le délai paraît dépassé. Puis déposez plainte. Nos explications sur s'appliquent ici aussi.
Et méfiez-vous de la deuxième vague : les personnes qui viennent de se faire escroquer sont recontactées quelques semaines plus tard par de faux « récupérateurs de fonds » ou de faux avocats. C'est la même équipe, avec le fichier des victimes.
Dans tous les cas, signalez l'offre
Le signalement sert aux suivants, et il est rapide :
- France Travail : bouton « Signaler cette offre » directement sur l'annonce.
- et son guichet 17Cyber, qui vous oriente selon votre situation.
- PHAROS, la plateforme du ministère de l'Intérieur : .
- La plateforme d'emploi elle-même ( Indeed, LinkedIn, etc. ), qui retire les annonces signalées.
Notre article sur les explique comment reconnaître ces guichets officiels des sites qui les imitent.
7. Ce que cet article ne dit pas
Par honnêteté, parce que ce sujet se prête facilement à l'exagération.
- Non, il ne faut pas se méfier de tout le monde. L'immense majorité des offres d'emploi sont réelles, et une recherche menée dans la peur permanente est une recherche qui échoue. Les vérifications décrites ici prennent cinq minutes et ne se déclenchent qu'en présence d'un signal.
- Non, les plateformes d'emploi ne sont pas complices. Indeed, LinkedIn, France Travail retirent ces annonces quand elles sont signalées. Le problème est le volume et la vitesse de publication, pas la mauvaise foi.
- Non, la victime n'a pas « manqué de bon sens ». Elle a fait ce qu'on attend d'un bon candidat : suivre les consignes du recruteur. C'est précisément cette qualité qui a été retournée contre elle.
- Non, l'antivirus du téléphone n'aurait pas forcément arrêté cela. C'est l'utilisateur qui installe l'application et qui accorde lui-même l'autorisation. Aucun outil ne bloque de façon fiable une action volontaire. Le réflexe est le premier rempart, pas le logiciel.
- Oui, ce sont des faits documentés. Le cas des fausses applications d'entretien Indeed a été analysé et publié par des chercheurs en sécurité en août 2026, et confirmé par Indeed. Les autres formes figurent noir sur blanc dans les mises en garde de France Travail et de Cybermalveillance.gouv.fr.
8. Questions fréquentes
Indeed a-t-il une application pour passer les entretiens ?
Non. L'application officielle s'appelle
« Indeed Job Search », elle n'existe que sur le Play Store et sur l'App Store, et il n'existe
aucune application Indeed dédiée aux entretiens. Indeed l'a confirmé publiquement. Les noms qui circulent dans les campagnes frauduleuses sont MyInterview, Interview App, Indeed Interview et Indeed Hiring.
Un recruteur peut-il légitimement me demander d'installer une application ?
Non. Un entretien légitime se déroule dans un navigateur, ou via un outil de visioconférence grand public que vous connaissez déjà ( Teams, Meet, Zoom ), installé depuis les boutiques officielles. Un fichier reçu par message pour « passer l'entretien » n'a aucune raison d'exister.
Pourquoi l'autorisation « Accessibilité » est-elle si dangereuse ?
Parce qu'elle permet de lire tout ce qui s'affiche à l'écran et d'appuyer sur les boutons à votre place. Accordée à un logiciel espion, elle lui livre vos messages, les codes reçus par SMS, la validation d'opérations, et lui donne le moyen de se défendre contre sa propre désinstallation. Aucune application d'entretien n'en a besoin.
Un employeur peut-il me demander de payer une formation ou du matériel ?
Jamais, sous aucun prétexte et pour aucun montant. France Travail fait figurer explicitement ce point dans sa liste de signaux d'alerte, et rappelle qu'il ne demande lui-même jamais aucun paiement pour accéder à ses services.
On me propose de recevoir des virements sur mon compte et de les reverser. Est-ce légal ?
Non, c'est du blanchiment d'argent, et l'argent qui transite est celui volé à d'autres victimes. Votre nom étant sur le compte, c'est
vous qui serez poursuivi. Si c'est déjà commencé : arrêtez, prévenez votre banque de votre propre initiative, et déposez plainte.
Quand un employeur peut-il légitimement demander mon RIB et ma carte d'identité ?
Après l'embauche effective seulement, une fois le contrat signé et dans un cadre identifié. Avant tout entretien réel, ces documents ne servent pas à un contrat : ils servent à ouvrir des comptes ou souscrire des crédits à votre nom.
J'ai installé l'application. Que dois-je faire, et dans quel ordre ?
Mode avion et Bluetooth coupés, retrait de l'autorisation Accessibilité, retrait du statut administrateur d'appareil, désinstallation ( en mode sans échec si elle résiste ). Puis,
depuis un autre appareil, changement des mots de passe en commençant par la messagerie, et appel à la banque. Après une réinitialisation d'usine, refusez la restauration automatique des applications.
Où signaler une fausse offre d'emploi ?
Bouton « Signaler cette offre » sur France Travail, cybermalveillance.gouv.fr et son guichet 17Cyber, PHAROS sur internet-signalement.gouv.fr, et la plateforme d'emploi elle-même.
9. Ce que fait BSC Sécurité
Nous sommes à Hyères, et ce type de dossier arrive à l'atelier avec toujours la même phrase d'introduction gênée :
« Je pensais que c'était un vrai recruteur. » Il n'y a rien à en penser, sinon que le piège était bien construit.
Concrètement, nous pouvons :
- examiner et nettoyer le téléphone : identifier l'application espionne, retirer les autorisations abusives, la désinstaller même quand elle résiste, et vérifier qu'aucun autre outil de prise en main à distance n'a été laissé derrière ;
- remettre les comptes en ordre dans le bon ordre, qui est la partie que les gens ratent le plus souvent : l'appareil d'abord, la messagerie ensuite, le reste après, et activer la là où elle manque ;
- vous aider à vérifier une offre dont vous doutez, avant de répondre. Un appel de cinq minutes vaut mieux qu'un nettoyage de deux heures, et nous préférons largement ce sens-là ;
- vous accompagner dans les démarches : quoi signaler, où, dans quel ordre, et quoi dire à la banque.
/ / atelier au
18 avenue Olbius Riquier, 83400 Hyères.
Et selon votre situation :
- vous préférez qu'on vienne chez vous, tranquillement, pour vérifier le téléphone et l'ordinateur ensemble et faire le tour des comptes ? C'est le métier de , agréée service à la personne ;
- appareil à examiner en atelier, réinstallation propre, ou remplacement d'un téléphone trop ancien pour être encore sécurisé : s'en charge, pour les particuliers comme pour les professionnels ;
- photos, documents ou fichiers perdus au passage, notamment après une réinitialisation d'usine faite dans l'urgence : , notre structure spécialisée dans la récupération de données ;
- besoin d'un ordinateur le temps de la recherche d'emploi ou d'une remise en état, sans engager un achat dans l'urgence : , en courte comme en longue durée.
Et si l'ordinateur ne s'allume plus du tout, panne matérielle qui tombe au plus mauvais moment, répare les cartes mères de PC portables et de Chromebooks.
En résumé
- Les fausses offres d'emploi visent un public rarement adressé : jeunes en recherche, reconversions, demandeurs d'emploi de longue durée. Le ressort n'est ni la peur ni l'appât du gain, mais l'envie de décrocher le poste, qui pousse à exécuter sans discuter.
- Le cas d'école 2026 : de vraies annonces sur Indeed renvoient vers une fausse application d'entretien à installer hors Play Store ( MyInterview, Indeed Interview ), qui affiche une fausse page de connexion, monte un VPN et installe un logiciel espion.
- Le fait à retenir : l'application officielle s'appelle « Indeed Job Search » et n'existe que sur le Play Store. Il n'existe aucune application Indeed dédiée aux entretiens.
- La règle générale : un entretien légitime se passe dans un navigateur ou sur une visio connue ( Teams, Meet, Zoom ). Jamais via une application à installer soi-même.
- L'autorisation « Accessibilité » est le point de bascule : elle laisse lire l'écran, appuyer sur les boutons à votre place, et se défendre contre sa propre désinstallation.
- Les autres formes : frais préalables ( un employeur ne fait jamais payer un candidat ), mule financière ( c'est du blanchiment, et c'est vous qui êtes poursuivi ), vol de pièces d'identité avant tout entretien réel, faux tests rémunérés dont le premier paiement n'est qu'un appât.
- Cinq minutes de vérification : chercher l'entreprise indépendamment de l'annonce, contrôler le SIREN sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr, rappeler l'entreprise sur le numéro de son propre site, lire ce qui se trouve après le @. Et ne jamais rien installer sur instruction d'un recruteur.
- Si c'est déjà fait : mode avion, retirer l'Accessibilité, désinstaller au besoin en mode sans échec, changer les mots de passe depuis un autre appareil en commençant par la messagerie, prévenir la banque. Après une réinitialisation d'usine, refuser la restauration automatique des applications.
- Pièces d'identité envoyées : déposer plainte ( c'est votre preuve pour contester plus tard ), signaler à la CNIL, surveiller les comptes.
- Signaler : bouton « Signaler cette offre » de France Travail, cybermalveillance.gouv.fr et 17Cyber, PHAROS sur internet-signalement.gouv.fr.
- Un doute sur une offre, un téléphone à vérifier, des comptes à remettre d'aplomb ? BSC Sécurité - ou .
La phrase à garder : la victime n'a pas manqué de bon sens, elle a fait ce qu'on attend d'un bon candidat. C'est cette qualité qui a été retournée contre elle. Et un seul réflexe la protège du pire : ne jamais rien installer sur instruction d'un recruteur.
Et si vous avez lu cette page sans être concerné : transmettez-la à quelqu'un qui cherche un emploi en ce moment. C'est encore ce qui marche le mieux.
Sources : Malwarebytes Labs, « Beware of fake Indeed interview apps used to install spyware » ( août 2026 ) ; mises en garde officielles de France Travail ( « Fausses offres d'emploi : comment les reconnaître et protéger votre recherche d'emploi ? » ) et de Cybermalveillance.gouv.fr ( « Les arnaques à l'emploi » ).